Réflexions sur le Transfert et l'Hypnose

transfert

Dans ma conception et ma pratique de la thérapie par l’hypnose, une notion de transfert existe. Je prends pour définition le déplacement d’une émotion issu d’un ‘objet-sujet’ du passée vers  un ‘objet-sujet’ présent, dans notre cas le praticien.

Dans ma perception de l’hypnose qui se veut moins symptomatique que de ‘recherche’, il y a nécessairement un transfert qui se fera entre le partenaire et le praticien. La phase de questionnement, qui pourra durer de quelques dizaines de minutes à quelques heures, offrent l’opportunité de transfert.

Nous allons dans la partie subconsciente : mémoire et émotions de notre notre partenaire, qui réactivant l’un et l’autre, peut entrer dans une transe qui devient rapidement projective. Nous sommes entre autre, au travers de nos questions les responsables de ces émotions, réflexions, activation d’ancrage, etc.

Durant le séminaire d’Hypnose Classique Curative, j’ai pu prendre note de quelques éléments dont je posais la réflexion depuis quelques semaines. Il y a un ‘danger’ est de perdre le  transfert thérapeutique vers un transfert ‘du quotidien’.

Je nomme transfert du quotidien, ce transfert où l’objet de l’émotion ne porte pas la casquette du thérapeute mais plutôt de l’ami, du collègue, de la famille etc.

Or le transfert d’un partenaire peut aussi entraîner un ‘contre transfert’ de la part du praticien. La mauvaise gestion d’un transfert comme par exemple, un regard violent, une attitude haineuse, une colère, une tristesse, fait sortir en quelque sorte le praticien de sa ‘transe de thérapeute’.

Dès lors il peut lui même transférer une émotion ‘retour’ vers le partenaire. Ne répondant plus avec l’accueil bienveillant et inconditionnel du statut d’aidant, mais en tant qu’ ‘Homme’ qui réactive une blessure, une douleur, une émotion du passée.

La posture de Thérapeute étant perdue, le patient peut dès lors revivre une émotion directe, sans que son subconscient ne parvienne à prendre de la distance avec la ‘personne’, l’objet du transfert n’ayant plus la place de thérapeute mais d’hallucination de l’objet transféré.

A cet instant le rapport thérapeutique est rompu, et il est préférable de stopper la séance. Le rôle d’un praticien est, avant même son système technique,dans le sujet qui nous concerne constitué de deux choses :

1- Le cadre qu’il impose pour la thérapie

2- La posture qu’il doit conserver dans ce cadre

Je précise dans ce cadre parce que je ferai un article prochainement sur une réflexion sur la possibilité d’un thérapeute de travailler avec un proche si ces deux éléments sont validés.

Prenons un exemple concret pour ma réflexion précédente :

Le praticien mène sa séance de questionnements

Le partenaire y répond et laisse les émotions le prendre, ce qui a pour conséquence d’éveiller un regard de haine.

Dans le cadre de la thérapie, le praticien accueille cette façon de se comporter et continue de poser ses questions, sachant que la transe est alors clairement active.

Le partenaire sent que l’opérateur ‘lead’ et l’accueille, il garde sa posture.

Si le praticien vit un contre transfert.. immédiatement le lien de subconscient à subconscient est rompu, la transe du thérapeute se transforme automatiquement.

Le regard est devenu une ‘attaque’ personnelle et la posture du thérapeute ayant  disparu, le cadre est rompu et les suggestions non verbales comme verbales vont être prises de plein fouet par le client.

Celui ci, consciemment, ne comprenant pas les réactions émotionnelles  de l’opérateur qui n’accueille plus mais ‘répond’.

Il y a de fortes chances que le partenaire n’accepte en aucun cas une mise en ‘transe active’ c’est à dire celle ritualisée avec l’induction et ce qui en suit. Et si c’est le cas, la transe sera fermée et inexploitable.

La mauvaise gestion du transfert dans le cadre d’une thérapie par l’outil d’hypnose pourra rendre les sessions inefficaces. Qu’importe la technique et la volonté de profondeur que l’opérateur souhaitera mettre en place.

Be One 

Pank

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